Cécile Grégoriades / BIO / BLOG / CONTACT

Aux Etats-Unis, premier débat entre les candidats à l'investiture républicaine


Dix prétendants à l'investiture du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 2008 vont participer, jeudi 3 mai au soir, à un débat télévisé. Une première étape dans la course vers la présidence.



Aujourd'hui Rudolph Giuliani, John McCain et Mitt Romney font figure de favoris, mais tous les candidats ne se sont pas encore déclarés. Ceux qui débattront jeudi vont devoir jongler entre l'héritage du Parti républicain et la politique actuelle menée par le président Bush.



Si Rudolph Giuliani et Mitt Romney ont choisi de le soutenir, John McCain s'en démarque fortement. Ce dernier ne s'est en effet pas privé de critiquer l'administration en place sur sa gestion de l'après-Katrina ou sa stratégie en Irak.



"Rudy" Giuliani s'inspire de la tradition reaganienne "pro-gouvernement", c'est-à-dire de conférer plus de compétences à l'Etat. John McCain revient aux racines du mouvement conservateur, avec le moins d'Etat possible. Quant à Mitt Romney, il se rapproche des idées du président actuel.



Le lieu du débat, la bibliothèque présidentielle Ronald Reagan à Los Angeles, résonne comme un symbole : quel candidat pourra se prévaloir de l'héritage de Ronald Reagan, l'idole républicaine ? Quel candidat s'en sortira le mieux sur des thèmes habituellement réservés aux conservateurs comme la foi religieuse, l'avortement, les droits homosexuels, le port d'arme ou les questions d'immigration ?



UN TERRAIN MINÉ



Les républicains partent en position délicate pour cette élection. "C'est toujours difficile d'élire quelqu'un du même parti pour un troisième mandat", reconnaît un conseiller de John McCain dans le New York Times du 3 mai. D'autant que l'idéologie conservatrice a perdu de son authenticité, selon l'éditorialiste politique Chuck Todd dans un article paru sur MSNBC.com, la chaîne qui retransmettra le débat.



"Le terme "conservateur" s'est dilué. La définition est bien plus floue aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a vingt ans, encore plus il y a quarante ans. La seule chose qui relie Goldwater [inspirateur du mouvement conservateur américain dans les années 60] et Bush aujourd'hui, c'est la question des taxes", explique Chuck Todd. Il ajoute que l'idée de "répandre la démocratie", comme l'a promis George Bush, s'oppose à l'idéologie conservatrice traditionnelle.



Surtout, les candidats à la succession de George Bush avanceront sur un terrain miné par le désamour suscité par l'actuel locataire de la Maison Blanche. Le 7 novembre 2006, les électeurs américains avaient adressé un message assez clair aux républicains en donnant la majorité des sièges à la Chambre et au Sénat à leurs adversaires.





Tous droits réservés 2006-2007 Cécile Grégoriades, sauf précision.